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Guinée : Trente journalistes et animateurs de radios rurales formés sur La migration

01/12/2020
Conakry, Guinea

Afin de remplir son mandat de promotion de l'accès universel à l'information, l’UNESCO a organisé du 23 au 24 novembre 2020 à Conakry un atelier de formation pour renforcer les capacités journalistes des radios rurales à mieux couvrir la migration et les opportunités d’emplois disponibles pour les jeunes en Guinée, aux. Lancé par le ministre de la Communication et de l'Information, Amara SOMPARE, l’atelier a eu un franc succès.

Le traitement de l’information sur la migration, ses risques, et sur les possibilités d'emploi pour les jeunes en Guinée, ont été les principales thématiques abordées au cours de l'atelier auquel ont participé trente (30) journalistes et animateurs de radios rurales.

Dans son allocution de circonstance, le Directeur des Radios Rurale de Guinée, Doussou Mory CAMARA a déclaré avoir la conviction « qu’au terme de cette formation, nos programmes de diffusion permettront de mieux équiper les participants avec des informations plus adéquates, fiables et précises sur les thèmes de la migration. »

Cet atelier de formation s’inscrit dans le cadre du projet « Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication », mis en œuvre par l’UNESCO dans huit (08) pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Cameroun, Cote d’Ivoire, Ghana, Guinée-Conakry, Mali, Niger, Nigeria et Sénégal). Financé par le Ministère italien des affaires étrangères et de la coopération internationale (MAECI), via l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), il vise à donner aux jeunes garçons et filles les moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur accès à une information de qualité en lien avec l’ODD 16.10.

Selon le rapport de l’Organisation Internationale des Migration (IOM) sur la Guinée, ce pays est un point d’origine et de transit pour de nombreux migrants irréguliers.

Selon le Ministre de la Communication et de l'Information, Amara SOMPARE, « contrairement à la croyance populaire, les jeunes qui tentent la périlleuse traversée du désert et de la Méditerranée ne viennent pas nécessairement de la capitale. Très souvent, ils viennent des zones rurales, où la population est mal informée des détails entourant ce voyage. Ils sont prêts à vendre leurs marchandises pour mettre leurs enfants sur les routes d'Europe, pour conquérir l'Eldorado, alors que la réalité est très éloignée des images véhiculées par ceux qui les ont précédés », . Le ministre a par ailleurs a exhorté les participants à donner les bonnes informations, afin de stopper cette ruée meurtrière.

Le facilitateur principal, Dr Alpha Abdoulaye DIALLO, Consultant et chercheur sur les Migrations, a conduit les participants à travers une discussion sur diverses questions relatives aux risques migratoires et aux opportunités pour les migrants. Il a également partagé l’information sur les opportunités offertes aux jeunes dans le pays sans avoir à quitter le pays, et comment partager ces informations sur les radios rurales.

Une participante, Nènè Ousmane DIALLO, journaliste à la Radio Rurale de Labé, a souligné que les jeunes et leurs parents doivent être suffisamment informés pour prendre des décisions éclairées. « Les jeunes n’ont pas toutes les informations [ sur la migration]. Il est de notre responsabilité de produire des contenus radiophoniques de qualité, afin de sensibiliser l’opinion à la base, en particulier les parents qui financent parfois les voyages de leurs enfants sans avoir que ceux-ci risquent de mourir en traversant le désert ou la Méditerranée. »

Elle a également ajouté que de nombreuses opportunités d'emploi émergent en Guinée, comme dans le secteur agricole, et que les institutions de microfinance sont accessibles et prêtes à financer des projets sérieux.

 

l’Europe n’est pas le paradis sur terre, que les jeunes s’imaginent.

Oumar KONATE, journaliste à la Radio Rurale de Kankan

« Nous sortons de deux jours de travaux intenses, sur la migration notamment les causes, les facteurs de risques, et les opportunités d’emploi en Guinée. Il est évident, que si les jeunes sont informés sur les facteurs de risque tels que le viol, la torture voire la mort , ils n’entreprendront jamais la traversée difficile du désert et de la Méditerranée pour aller en Europe. Il est de notre devoir d’expliquer aux jeunes qu’ils ne sont pas obligés de migrer pour réussir. Aujourd’hui, beaucoup de guinéens qui ne sont jamais partis à l’étranger, s’en sortent sur place. Nous devons aider les autres à s’inspirer de ces modèles afin qu’ils construisent leur vie en Guinée. Nous devons déconstruire les messages qui présentent l’Europe comme l’eldorado. En réalité, les images véhiculées sur les réseaux sociaux sont pour la plupart utopiques, elles ne reflètent pas la réalité. Il est nécessaire que les jeunes comprennent, qu’en choisissant la voie irrégulière, ce sont les trafiquants d’êtres humains qu’ils enrichissent et tout en mettant en péril leur vie ».