L'inclusion sociale: pespectives internationales et institutionnelles

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Le 24 novembre dernier, lors de la rencontre « Handicap : habiter chez soi et dans la cité », le Laboratoire des Politiques Inclusives de l’UNESCO a été invité à participer à une table ronde sur   l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap. L’occasion pour le public d’en découvrir plus sur le concept d’inclusion sociale dans sa perspective internationale et institutionnelle mais aussi de comprendre le rôle que le Lab peut y jouer.

Sur la scène mondiale, on évoque naturellement l’Agenda 2030 et ses Objectifs de Développements Durables lorsqu’on parle d’inclusion sociale.  Adoptés le 25 septembre 2015 lors du Sommet Spécial sur le Développement Durable, l’Agenda 2030 comprend 17 objectifs déclinés en 169 cibles et centrés sur l’environnement, le social, et l’économie qui apparaissent comme composants essentiels pour le développement durable. L’inclusion sociale est à la base voire même l’essence de l’élaboration de ces objectifs, qui sont nés d’un processus participatif réunissant sept millions de personnes. En outre, ces objectifs s’appliquent aux pays du monde entier, contrairement aux précédents Objectifs du Millénaire pour le Développement qui ne s’appliquaient qu’aux pays en développement.

L’ODD 16, en particulier, met l’accent sur la promotion de sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable, l’accès à la justice pour tous, et le renforcement des institutions responsables et efficaces à tous les niveaux. L’inclusion apparait comme une dimension clé de cet objectif qui incite à la création d’institutions et de politiques inclusives à tous les niveaux.  Outre l’objectif 16, l’inclusion apparaît comme transversale à tous les objectifs. Si on pense à l’objectif 4, l’éducation, on ne peut le dissocier de l’inclusion. Cette dernière est donc à la fois un objectif en tant que tel et une dimension de réalisation des autres objectifs.

A travers les ODD, la scène mondiale est arrivée à un consensus théorique sur les réalités de l’inclusion. En revanche, il ne semble n’y avoir aucune clarté sur un éventuel cadre technique et analytique. Bien qu’on utilise les mêmes mots, ils ne désignent pas toujours les mêmes choses et cela peut entrainer un désaccord cognitif. Lorsqu’on réfère à une politique d’inclusion par exemple, il faut la différencier d’une politique inclusive, bien qu’elles soient semblables. Les politiques d’inclusion sont proches des politiques d’intégration, et montrent une intention d’inclure (ou d’intégrer) des personnes dans le système tel qu’il est ; les politiques inclusives sont centrées sur le résultat, et son efficacité est assurée.

Le laboratoire des politiques inclusives apporte un cadre analytique et théorique afin d’évaluer et de mesurer à quel degré une politique est inclusive. Les contributions internes et externes à la base de ce cadre permettent d’utiliser un langage commun, et sont la preuve que nous sortons d’une vision binaire : on bascule d’un modèle ou l’on se demande « est-on dans ou en dehors du système ? » vers un modèle où l’on s’interroge sur la qualité du système auquel on appartient.
 
 

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